sábado, 7 de noviembre de 2026

LES CHANTS DE NIHIL

 


Origen: Francia, Plérin.

Formados: 2007

Estilo: Black

Temática: Dictadura, erotismo e historias coceptuales.

Enlaces: Bandcamp, facebook, instagram y soundcloud.

Miembros:

  • Jerry Guitarra y voces
  • Mist Guitarra y voces
  • ÖberKommander Bajo y voces
  • Thomas Simonin Batería
Discografía:

  • Les six leçons Demo 2008  
  • De la gloire Demo 2009
  • Ma plus douce vermine EP 2009  
  • La liberté guidant le fer CD 2010  
  • Propagande érogène CD 2011
  • Armor CD 2015  
  • Dix ans et demi de lutte contre le mensonge, la stupidité et la sobriété Recopilatorio 2017  
  • Le tyran et l'esthète CD 2021
  • Graines CD 2026

GRAINES (2026)
Desde Bretaña, Les Chants De Nihil llevan casi dos décadas construyendo una personalidad propia dentro de la escena black metal francesa. Formados en 2007 alrededor de la figura de Jerry, el grupo ha ido desarrollando una discografía marcada por el inconformismo, la riqueza compositiva y una particular sensibilidad poética. Tras el interesante "Le Tyran et l’Esthète" (2021), regresan con "Graines", su quinto larga duración, una obra que vuelve a poner de manifiesto su capacidad para combinar agresividad, melodía y teatralidad. A lo largo de sus ocho composiciones, el cuarteto despliega un black metal intenso, elaborado y bastante alejado de los planteamientos más convencionales del género. La batería de Sistre desempeña un papel fundamental, alternando furiosas acometidas a base de blast beats con patrones más contenidos y cambios de ritmo que proporcionan dinamismo a unas composiciones repletas de matices. Su ejecución resulta contundente, precisa y especialmente efectiva a la hora de acentuar los diferentes pasajes. En el apartado guitarrístico encontramos uno de los grandes atractivos del disco. Jerry y Mist construyen un entramado de riffs afilados, desarrollos melódicos de marcado carácter épico y pasajes atmosféricos que enriquecen considerablemente el conjunto. No faltan las guitarras vertiginosas y las habituales escaladas de intensidad del black metal, pero tampoco los momentos en los que la banda introduce arreglos inesperados, solos de inspiración heavy y elementos más experimentales. El bajo, por su parte, adquiere especial protagonismo en determinados fragmentos, aportando profundidad y personalidad a la base instrumental. Mención especial merece el apartado vocal. Jerry alterna registros desgarrados y ásperos, perfectamente integrados en la vertiente más extrema del álbum, con inesperadas intervenciones de voz limpia, de carácter casi operístico. Una combinación que puede resultar desconcertante inicialmente, pero que termina convirtiéndose en uno de los elementos más reconocibles de la propuesta. Además, el empleo del francés contribuye a reforzar esa dimensión poética y dramática que acompaña a toda la obra. La segunda mitad, articulada alrededor de los cuatro movimientos de "Graines", representa probablemente el momento de mayor inspiración del trabajo. Entre desarrollos progresivos, interludios de piano y explosiones de violencia sonora, la formación demuestra una notable capacidad para mantener el interés sin renunciar a su personalidad. En definitiva, "Graines" es un trabajo ambicioso, variado y con suficientes argumentos para convencer a quienes buscan algo más que una sucesión de riffs y blast beats. Les Chants De Nihil siguen explorando los límites de su particular concepción del black metal, ofreciendo una obra donde conviven la furia, la sensibilidad melódica y una marcada identidad artística. Una nueva demostración del excelente momento creativo de esta formación bretona. (7,9).



1. Ignares 06:39 
Sens-moi, explore chaque pore, Inspire où mon cou évapore Un philtre, une brume d'épices Du plus profond de mes abysses. Ma peau tantôt bleue, blanche ou verte Matrice vierge et jouvencelle S’offre à tes yeux avides, telle Au microbe la plaie ouverte. Nous, ignares et ingénues Aux aurores de notre étoile Et prêtes à se mettre à nu Au milieu du bal astral Nous offrions à la mitraille Des comètes, des météores, Et de la vie et de la mort, De la naissance aux funérailles. Je me suis vue grande gagnante Quand mes soeurs devinrent stériles J’étais la seule prétendante De toutes les Terres nubiles. Toujours crédule, déjà saoule, Mes geysers d’où la vie s’écoule Crépitaient de mille désirs, Déterminés à te vomir. Je t’ai rêvée, ma créature, Puis je t’ai vue te redresser, Gorgée de sang et de luxure. À toi, je veux m’abandonner. Prends tout de moi : ma chair, mes fibres Mes fluides troubles comme clairs, Étrangle-moi, souille mon air Pour que je perde l’équilibre!
2. Saigner 06:32 
Tu sais, la lueur aveuglante de l'envie, La bouchée qui, assurément, te brûlera, L'adieu à ton enfance, ce jour de folie... Pieds nus sur la braise, maintenant, ici-bas. Une expérience ne se regrette pas, Pour chaque stigmate une recrue d'anticorps Candeur abandonnée, la confiance en renfort, Nul n'oubliera le sang qu'il verse par le bas. Cette promesse que tu t'étais faite à toi-même N'avait de la valeur que dans sa transgression. N'ayant que du fantasme pour comparaison, Se satisfait d'un rien, prend le premier qui l'aime. L'homme au bord de l'orgasme ou au bord du trépas Est confit dans l'orgueil, balbutie dans l'effort Candeur abandonnée, la confiance en renfort, Nul n'oubliera le sang qu'il verse par le bas. De l'espace le tissu, du temps le métronome, S'ouvrent à tes sens quand se retire le glaive. Ton corps, comme la Terre, ahuris se relèvent Après s'être offerts pour le seul plaisir des hommes. Comme notre Mère souillée d'une huile noire Sursaute de colère, arrache-leur l'espoir ! Au milieu de ces lâches que la boue inonde Tu porteras tes rêves sur le toît du monde. Au plus profond de toi, où tu saignes, tu sais Que la chair se profane où la peau se déchire, Qu’il n’est aucune clé mais de vilains crochets Et de traîtres béliers pour forcer ton empire. Mais tu as appelé de tes voeux les plus chers L’ennemi, a relevé ta herse et tes jambes. Pour l’action, pour l’aventure, pour être fière… Juste un peu de sang pour écrire ta légende.
3. Garnies 05:17 
Trépan pénétrant sans peine la plaine
Plante, potent, vas-y plante ! Elle est pleine !
Suce la sève et le sang et le vends
Contre argent que tu jettes dans le vent !
Ça fore, ça fore… ça se croit fort.
Ça va et ça vient, frotte sans effort.
Prurit sur deux pattes, primate avide,
Mâle en émoi aux loisirs matricides.

Oh ! Bien garnies sont ces poches de vie,
Les ogres trempent les doigts et le vit.
Trique lubrique lubrifiée, fracture
La roche et qu’elle jouisse d’hydrocarbures !
Oh ! Bien garnies sont ces poches de vie,
Les hommes trempent les doigts et le vit.

Vois comme ce puits devient fontaine ;
Visse encore ton vice bien au fond.
Jaillis, joyau noir, par toutes tes veines !
Fais mouiller le désert sous le piston.
Et toi, pieuvre de rouille, qui reluque
Chaque hectare pour trouver un filon,
Étends sans honte jusqu’à l’horizon.
Tes tentaculaires oléoducs.
4. Regains 05:16
Un printemps, qui dégorge encore
Le déluge hivernal, renaît.

Voici l’écharde enfin extraite
De la brèche où tu l’accueillis
Qui bave comme après la traite,
Goutte de lait au bout du pis.
Elle est fixée à cette branche
Laquelle, sous la neige blanche,
Ploie non sans honte mais sans sève
Au champ où les conquérants crèvent.

Pars de là et sans te débattre
Par-delà les marais saumâtres

Comme la mante religieuse
Qui réserve à tous ses amants
Une destinée malheureuse
À l’issue de l’accouplement,
Toi, Terre-Mère ou jeune femme
Pour chaque puits, pour chaque hymen
Percé par un être sans âme
T’en repaitras à bouchées pleines.

Un printemps, qui dégorge encore
Le déluge hivernal, renaît.

Dans ta colère, d’un ouragan
Balaye temples et palais !
Assèche l’air, brûle ses champs,
Qu’il ne s’en relève jamais !
Car l’Homme a péché par orgueil
Sous une pluie de naphte et d’or,
Il a dansé sur son cercueil
Ivre de vie mais déjà mort. 
5. Graines: L'imprégnation 08:06
   La vallée échancrée par un ruisseau de nacre,
Dont le méandre rose exulte en un sursaut,
Voit sa faune et sa flore expier ses capitaux
Péchés par la noyade aux allures d’un sacre.

C’est la Terre qui râle et ses sommets jumeaux,
Presque nus de toute herbe et comme sous la brise,
S’horripilent ainsi les seins de la promise
Qui, pour la première fois, se fait goûter la peau.

Ajuste son bassin pour ne pas que s’enlisent
Les fluides avant la croûte et le manteau.
L’écume enfin s’écoule en la faille et, soumise,
La sphère laisse faire, offrant tout son noyau.

La figure de proue qui rencontre les flots
Et dont le bois s’imprègne à tout jamais de sel,
N’a plus de goût que pour le chant du matelot,
La morsure du vent, la caresse du ciel.

Dans le bois ramifié, l’essence par le nœud
Se draine, chaque graine a tracé son chemin.
Par-delà les haut-fonds, les récifs coralliens,
Une seule atteindra l’Eldorado aqueux.

Le face-à-face dans une bulle d’espace,
Quiétude absolue où deux moitiés s’enlacent,
Là, un monde prend fin quand grésille un nouveau,
Vole en éclat le miroir à l’instant zéro. 
6. Graines: Le temps suspendu 01:47  
7. Graines: L'étincelle primale 09:47 
C’est là du feu vivant l’étincelle primale Qui code l’univers, les mystères du temps. Passé et avenir se côtoient un instant : C’est le destin brodant sa bannière en spirale. Que deviennent alors les errances candides Où s’exaltent en songe amours et passions ? Où s’enfuit la légende après révélation De la Loi qui régit la matière et le vide ? Ce nuage, le champ quantique des possibles, S’effondre et sera à jamais inaccessible. Initie la fusion sans regrets, sans retour En arrière possible et voit naître le jour. C’est là du feu vivant l’étincelle primale Qui code l’univers, les mystères du temps, Éblouit les aveugles en cette cathédrale Dont l’architecte a fui depuis bien trop longtemps. Oh ! Les dés sont jetés au milieu de l’espace, C’est le bal des damnés Prométhée et Atlas. On en connaît la fin mais quand même on veut lire Le bouquin de la vie, parfois même l’écrire. On dépose une graine au milieu du grimoire, On balaye l’Histoire du revers de la main, On se prête à l’aimer, on se sent fier enfin Et on contemple encor sa petite victoire. On se prête à l’aimer, on se sent fier enfin Et je contemple encor ma petite victoire. Bien sûr que c’est perdu avant d’livrer bataille, L’entropie a gagné, méthodique et sans faille… Même si l’univers entier se refroidit Je choisis d’allumer ma bougie dans la nuit. Tu seras la lueur de la barque précaire Que je peine à barrer sur cet océan noir, Et, ta main dans la mienne, étendus tous les soirs, Nous verrons les soleils s’éteindre dans l’ether  
8. Graines: Pour un ailleurs 05:34
  Comme j’ai donné, j’ai repris,
Scellé la boîte de Pandore,
Fait de la graine et de la spore
Un sursaut, une anomalie.
Rejoint la nuit et mes semblables
Pour le vertige et l’inertie
De milliards de périhélies
Vers une fin inexorable.

Et quand notre Maître viendra
À notre oreille susurrer :
– N’aie pas peur, laisse-toi aller…
Disparaitrons mes sœurs et moi.
Son souffle ardent contre mes lèvres,
J’irai me glisser sous ses draps
Et, me consumant dans la fièvre,
Songer une dernière fois :

Sans doute il existe un ailleurs,
Un monde tellement singulier,
Peut-être une graine meilleure…
Je sais qu’il existe un ailleurs
Où, dans la terre fécondée,
Une autre graine aura germé. 
  48:58 



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